Le Mont Aimé

L’histoire de la commune de Bergères-lès-Vertus est intimement liée à celle du Mont Aimé dont elle porta le nom sous la Révolution française.

Situé sur les communes de Bergères-lès-Vertus et de Coligny, le mont Aimé (prononcé montémé) domine le sud de la côte des Blancs et la plaine de la Champagne crayeuse. Cette butte-témoin d'une altitude de 240 m est un site géologique et paléontologique particulièrement remarquable dont les formations géologiques sont sans équivalent en Europe.

Le mont Aimé fut occupé par l'homme dès le Paléolithique. Il fut ensuite le siège probable d’un oppidum gaulois, puis d'un relais de signalisation durant l’époque gallo-romaine.

Le mont Aimé apparaît dans les premières chroniques de l’époque mérovingienne et carolingienne. On peut lire dans La Chronique châlonnaise que saint Alpin, évêque de Châlons, voulant soustraire la population réfugiée aux violences des soldats d'Attila, la conduisit à la forteresse du mont Aimé.

Le mont Aimé est également appelé mont d'Hautefeuille lorsque Griffon et Ganelon, comtes d'Hautefeuille, surnommés les « loups d'Hautefeuille », firent de ce mont un repaire. C'est sur ce mont qu'en 877 Louis II le Bègue, fils aîné de Charles le Chauve, assembla les états et se fit proclamer roi.

En 1210, la comtesse Blanche de Navarre, veuve de Thibaut III de Champagne et mère de Thibaut IV de Champagne, dit le Chansonnier fit construire le château du Mont-Aimé.

Le vendredi 13 mai 1239, 183 hommes et femmes convaincus de catharisme furent brûlés sur le bûcher sur ordre de Robert le Bougre.

Aux XIVème et XVème siècles, la puissante forteresse se transforma en château-demeure.

Au cours de la guerre de Cent Ans, le château subit trois sièges menés par les Anglais, alliés des Bourguignons. À la fin de la guerre, il fut décidé de le détruire.

Le château fut alors petit à petit démantelé, et servit de carrière de pierres pour la construction des maisons des villages aux alentours. Au début du XIXème siècle une partie du donjon était encore debout.

Le mont Aimé fut le théâtre d'opération militaire pendant la campagne de France en mars 1814 lors de la bataille de Fère-Champenoise qui aboutit à la prise de Paris par les Alliés et à l'abdication de Napoléon Ier. Après la campagne de France et la deuxième abdication de Napoléon Ier, le 10 septembre 1815, le tsar Alexandre Ier choisit le mont Aimé pour une parade militaire, afin de démontrer sa puissance : 300 000 soldats et 85 000 chevaux manœuvrèrent dans la plaine de Vertus qui s’étend au pied du mont.

Un siècle plus tard, lors de la première bataille de la Marne en septembre 1914, le mont Aimé se trouva au centre du dispositif de la bataille des Marais de Saint-Gond.

Le mont Aimé est aujourd'hui un site viticole de grande importance, entouré du vignoble qui, en mono-cépage Chardonnay, donne le vin de Champagne Blanc de blanc.

C'est également un site touristique qui présente de belles promenades ombragées notamment à son sommet entre bois, clairières et ruines du château-fort.

Depuis 1966, l’association « Les Amis du mont Aimé » contribue à la sauvegarde du site et des derniers vestiges du château. Elle participe à l'embellissement du site pour le plaisir de tous les visiteurs, par la plantation de nouveaux arbres, l'entretien des pelouses et du mobilier, et d'un promontoire qui comporte une table d’orientation en lave d’Auvergne émaillée et qui a été refaite il y a quelques années, la première datant de 1909. Il permet d’admirer le panorama sur la côte d'Île de France et la Champagne crayeuse, qui montre bien l’intérêt stratégique de cette butte.

Des bénévoles y organisent également la brocante annuelle (dernier dimanche de mai) et un circuit historique guidé.